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Par Laurent Denis, le 03 septembre 2005.
J'aimerais dissiper quelques confusions en partie liées au téléscopage entre la décision de l'ami Tristan Nitot de brider au moins temporairement les fils RSS du Standblog et ma propre décision de ne plus publier pour l'instant le contenu de Blog & Blues sous licence Creative Commons.
Concernant Blog & blues :
Ceci n'entraîne donc aucun changement concret pour ceux qui sont habitués à suivre ce blog dans leur agrégateur personne (Mis à part la non-dsponibilité temporaire du fil au format Atom, liée à un incident technique). Je suis personnellement très attaché à cette diffusion intégrale via RSS, et je ne reviendrai pas sur ce choix, bien au contraire. D'autant que les questions d'abus éventuels ne peuvent, selon moi, se résoudre par des biais techniques : elles n'ont en fait rien à voir, ou presque, avec la technique.
Sur le plan "philosophique", je reste plus que jamais attaché à l'idée de publication sous licence libre. Je contribue, et je continuerai à animer des projets tels que le référentiel des bonnes pratiques Opquast, OpenWeb, et à contribuer (de manière plus limitée) à d'autres tels Devmo en français ou Alsacréations, etc. Mais je souhaite, en saisissant le prétexte de mes articles publiés ici, prendre le temps de la réflexion sur les moyens qualitatifs et collectifs de cette diffusion libre.
En effet, en prenant pour l'instant le parti le plus restrictif (strict régime du droit d'auteur), je m'aperçois en fait que cela ne change pas grand-chose pour moi :
Sur l'Internet en général :
- [...]
- Les acteurs aux comportements illégaux ont rigoureusement la même facilité d'accès à Internet que les acteurs sérieux.
- Les outils juridiques nationaux sont souvent impuissants dans la répression de comportements illégaux.
- Les sites personnels côtoient les sites institutionnels et professionnels et peuvent très facilement leur ressembler trait pour trait.
- Les sites professionnels peuvent continuer à exister indépendamment de la survie et de l'existence de leur société mère.
- ...
L'ensemble de ces raisons, conduit les internautes à évaluer eux-mêmes les risques qu'ils prennent en utilisant tel ou tel service.
Très logiquement, les marques de qualité s'affichent sur un site pour délivrer le message suivant : "Sur ce site, vous pouvez être tranquille, les administrateurs vous informent et s'engagent sur la qualité de leurs prestations".
Que j'accomplisse ou non, de mon côté, la démarche d'une licence libre, que je m'engage ou non dans certains critères de qualité pour ce qui est de mon contenu, de sa diffusion, de ma propre exploitation de sources extérieures... je suis toujours confronté aux multiples pratiques de reproduction, d'exploitation et d'agrégation publiques, que ce soient celles des "petites mains" (qui ne sont pas toutes, loin s'en fait, des parasites), ou, surtout, celles de grandes entités commerciales (qui ne sont pas toutes admirables, loin s'en faut également). Que ce soit en tant qu'auteur ou qu'utilisateur de ces services, petits ou grands, comment m'assurer qu'ils exploitent les contenus mis à disposition conformément aux conditions fixées par leurs auteurs respectifs ? Ai-je les moyens, le temps, les compétences pour procéder au cas par cas à cette sorte de validation privée ? Suffirait-elle à me donner confiance ?
Voilà le fond du problème : quelque-soit la démarche des auteurs, elle vient butter sur cette confiance à accorder individuellement à des éthiques privées destinées à des espaces publics. Or, si j'accomplis moi-même la démarche d'adhérer à une licence publique et libre, je suis en droit d'attendre une démarche similaire venant de ceux à qui elle va bénéficier. J'accepte que mon contenu soit l'objet d'une exploitation. Celle-ci pourrait même être éventuellement commerciale. Mais pas dans un tel flou artistique.
En d'autres termes, il est temps de dépasser l'époque artisanale du Don't do evil
de Google, et autres professions de foi des uns et des autres. Indexation et agrégation publique, entre-autres, sont autant de zones de services qui auront tout à gagner en terme de perception de la qualité à l'adoption de chartes de qualité validantes et communes à tous les acteurs concernés.
L'idée ne date pas d'hier : précurseur, Elie Sloïm définissait déjà il y a 4 ans des zones de confiance où :
Les attributs de toute information présentée (source, auteur, date de rédaction, copyright, cadre juridique) sont indiqués de manière normalisée dans un endroit prédéfini de toutes les pages.
L'identité juridique de l'entité responsable de chacun des sites composant la zone est parfaitement définie et décrite. Le contact est possible avec un opérateur, et ce à n'importe quel moment de la commande, 24 heures sur 24 7 jours sur 7 [...]
L'espace sécurisé et toutes les entités qui le composent formalisent et décrivent une politique d'amélioration continue de la qualité des services proposés.
Tous les sites présents dans la zone sont soumis à l'autorité d'une tierce partie strictement indépendante, dont les missions exclusives sont la vérification de l'application des règles communes définies de manière collégiale par les membres du groupe. Tout site dont il est avéré qu'il ne respecte pas les règles définies en serait immédiatement exclu en attendant de le réintégrer après mise en conformité.
Passerons-nous un jour à un tel processus de confiance public envers des éthiques publiques pour des espaces publics ? Peut-on imaginer que se répondraient charte auteur et charte des moteurs, charte des agrégateurs ? Ce n'est en tous cas plus une utopie : c'est un besoin criant. J'y reviendrai.
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Commentaires
lvx, le 06 septembre 2005
Mais à qui confieras-tu la charge de telles zones de confiance ? A quel état virtuel, à quel gouvernement ? A quelle police feras-tu confiance ? A quels législateurs et à quels juges ?
Je crois que le système à l'heure actuelle est loin d'être mauvais. Bien sûr, trouver chez quelqu'un d'autre une copie de tes travaux, c'est frustrant. Bien sûr, se dire qu'un type comme ça vend ses services, ça inquiète. Mais as-t-on attendu le web pour voir proliférer les escrocs ? Ce n'est pas comme si l'on découvrait ce type d'agissements. On sait d'ores et déjà que les victimes seront les moins prudents.
Le système actuel autorise les dérives, soit. Seulement, le système actuel est stable, car ce qui autorise la dérive procède des mêmes principes fondateurs que ce que la régule. Le parasite ne vivra jamais que de menus larcins, il perdra systématiquement la confiance d'un public déjà marginal.
Mais lui, comment a-t-il trouvé tes articles ? Certainement en cherchant sur "des sites connus". L'original précède le parasite. Et pour cette raison, le parasite a toujours un temps de retard. L'original, lui, obtient la confiance durable d'un public, qui finalement lui est acquis.
Autrefois, pour mes lectures informatiques, je faisait confiance au site du W3C. Puis je me suis ouvert à OpenWeb, au StandBlog, à FOo. Peu à peu je me suis étendu vers Mozinet, Egologie, et tant d'autres encore. Pourquoi ? Est-ce seulement parce que ces sites produisent un contenu dont la qualité me satisfait ? Pourquoi le parasite ne s'est-il pas retrouvé dans cette liste, alors ? Pourquoi Blog & Blues plutôt que lui ?
Parce que ces sites témoignent d'une démarche de qualité rigoureuse. Parce que quand j'effectue des recherches sur google, ils apparaissent souvent. Parce que la communauté fait confiance à ces sites.
Et je sais que la communauté ne cautionnera pas le parasite.
Voilà le "gouvernement du web" en lequel j'ai confiance aujourd'hui.
Méléis, le 06 septembre 2005
Je crois qu'il faudrait poser la question différemment.
Qu'est-ce qui est le plus important ?
1. Que ton contenu soit diffusé, avec les informations importantes qu'elle contient ?
2. Que tu conserves tes droits.
Pour ma part si je diffuse un document important concernant l'accessibilité ou bien le bon usage de l'HTML je me fiche royalement que mes droits soient baffoués. Tout simplement parce que l'important c'est que l'information soit diffusée alors tant pis si il y a quelques parasites.
Par contre s'il s'agit d'un poême ou d'un récit que j'ai écrit ça n'a rien à voir, dans ce cas je veux que l'on respecte mes droits car ce que j'ai diffusé m'est propre.
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